Nouvelle cartographie des terroirs : du tuffeau générique à la mosaïque sensible
Ce retour du tuffeau dans la conscience collective ne réduit nullement la diversité des expressions. Au contraire, c’est la reconnaissance de la multiplicité des micro-terroirs sur tuffeau qui colore la nouvelle approche. De Parnay à Montsoreau, du plateau de Brézé aux abords de Dampierre, chaque nuance de la roche, chaque grain d’argile, chaque exposition imprime sa particularité.
Pour rendre compte de cette complexité, quelques domaines se sont engagés dans une démarche patiente, privilégiant une vinification parcellaire, parfois jusqu’au single-cuvée, et accentuant la recherche des différences de texture, de toucher de bouche, de ton aromatique. Ces pratiques, loin de l’esbroufe marketing, sont le reflet d’une volonté de faire du terroir une expérience non seulement géographique mais temporelle. Car le tuffeau, s’il imprime le vin, demande aussi à être relu, ressenti à travers le vieillissement, le passage d’un millésime à l’autre.
On retrouve là une autre tendance, en sourdine : retrouver des vins plus patients, moins soumis à la pression du “prêt à boire”, retrouver l’idée que le tuffeau, par la réserve qu’il inspire, invite à la garde – et à la relecture, quelques années plus tard, d’arômes et de textures impossibles à saisir trop tôt. D’où l’intérêt croissant pour les verticales (cf. verticales de Brézé chez Guiberteau et Clos Rougeard), qui mettent en lumière la persistance de ce calcaire dans le temps, dans le verre, dans la mémoire.