Aux origines du tuffeau : une mer oubliée sous la vigne
Le tuffeau blanc, loin d’être une simple curiosité géologique, plonge ses racines dans une histoire de plusieurs dizaines de millions d’années. Durant le Turonien, il y a environ 90 à 100 millions d’années, une mer chaude et peu profonde recouvre une vaste partie de l’actuelle vallée de la Loire (Loire.fr). Cette mer, grouillante de micro-organismes, dépose au fil du temps une sédimentation d’algues, de coquillages et de particules calcaires, qui, compressée, deviendra le tuffeau.
La singularité du tuffeau réside dans sa structure : une roche crayeuse, poreuse, d’une blancheur presque éclatante lorsqu’elle est fraîchement coupée. Elle se distingue du calcaire classique par sa granulométrie fine, l’abondance de fossiles et cette propension à retenir la mémoire du temps. Quand on visite une cave troglodytique, le simple contact de la main révèle sa tendresse, sa capacité à absorber l’humidité mais aussi à la restituer avec lenteur – qualités précieuses pour les générations successives de vignerons.
Le sous-sol du Saumurois n’est pourtant pas uniforme. Le tuffeau se décline en plusieurs variantes, du tuffeau jaune (plus argileux) au tuffeau de Touraine, jusqu’à la craie fine du sud-Saumurois. Chaque nuance de roche appelle une nuance de vin. La particularité du tuffeau blanc, présent principalement autour de Saumur, Montsoreau ou Parnay, se lit autant par la vigne que par le verre.