Généalogie des crus issus du tuffeau blanc pur : quelques exemples vivants
Parmi les vins issus de ces terroirs, la parenté chromatique et organoleptique ne laisse que peu de doutes quant à la main du tuffeau blanc pur. À Brézé, Richard Leroy, Huet et le domaine de Saint-Just vinifient des Chenins d’une droiture, d’une verticalité et d’une longévité rares. Les vins paraissent “affamés”, comme tendus vers une lumière invisible. Leurs arômes oscillent entre agrumes mûrs, pomme Reinette, silex, craie pilée, parfois une pointe de fenouil frais. En bouche, la tension minérale se prolonge dans une amertume noble, une sensation calcite, marneuse, comme un écho tactile à la roche elle-même.
Pour le Cabernet franc, notamment chez Antoine Sanzay (Chacé), le dialogue avec le tuffeau blanc pur donne naissance à des rouges ciselés, aux tanins poudrés, trouble-fête des visions classiques du Saumur-Champigny opulent et fruité. Ces vins s’étirent, questionnent plus qu’ils n’assènent, et laissent une trainée iodée en finale, signature intime du sol.
Dans la sphère des bulles, les meilleurs Crémants de Saumur issus du tuffeau blanc pur brillent par leur finesse mousseuse et leur fraîcheur sapide : Domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot), Château de Villeneuve (Brézé), permettant de traquer, même sous l’effervescence, ce fil minéral ténu qui ne ment jamais sur l’origine.