Naissance d’une roche lente : origines et formation géologique
À l’évocation du tuffeau blanc, il n’est pas rare que l’on bute sur le mot lui-même, sonorité douce mais sens ambigu, souvent confondu avec d’autres familles de roches calcaires. Pourtant, il a une histoire précise, inscrite dans les strates du Crétacé supérieur, il y a environ 90 à 70 millions d’années (Géologie de la Loire).
À cette époque, une mer chaude et peu profonde recouvre l’actuel bassin de la Loire : un espace sans rivage où s’accumulent, pendant des milliers de millénaires, de fines particules calcaires, issues de la décomposition de coquilles, de coraux, de micro-organismes planctoniques. Sous la pression, ces dépôts se compactent lentement, intégrant parfois quelques argiles ou silices, avant que le mouvement des plaques, le retrait de la mer, puis l’érosion, ne viennent les mettre à jour.
Le tuffeau ne constitue donc pas un simple « calcaire » mais une roche tendre, poreuse, d’une grande homogénéité, composée à 90 % de carbonate de calcium, souvent enrichie de petites quantités de silice, d’argile ou de glauconie. Cette texture, qui permet de la tailler aisément, a marqué durablement la physionomie du Saumurois : villages bâtis, murets, châteaux, églises mais aussi réseaux de « troglodytes » qui sillonnent les coteaux comme des veines souterraines.