Un paysage façonné par la mer : l’origine du tuffeau blanc
Le tuffeau, dans son acception locale, ne désigne pas n’importe quelle pierre tendre mais bien un calcaire crayeux typique du Turonien, une époque du Crétacé supérieur, entre 93 et 89 millions d’années avant le présent (BRGM, Géologie de la France). À l’ère où s’esquissent les premiers contours du bassin de la Loire, la région de Saumur baigne sous une mer chaude, calme, peu profonde, parcourue de courants lents. Ce sont ces eaux, riches en calcaire dissous, qui forment le décor silencieux d’une sédimentation ininterrompue pendant près de 5 millions d’années.
Dans cette mer disparue, abondent de minuscules organismes à coquilles, des bryozoaires, des mollusques, des fragments d’oursins, des planctons calcaires comme les coccolithophores. À leur mort, leurs débris tombent et s’accumulent sur le fond marin, mêlés à de fines particules argileuses, de la silice et des grains de sable. Peu à peu, sous la pression de leur propre poids et celle des dépôts suivants, ces couches sédimentaires vont se compacter, puis se cimenter. Se crée ainsi une roche tendre, friable et poreuse : le tuffeau, dont la porosité peut atteindre 45 % (source : INRAE).
Ce phénomène s’étend du Saumurois jusqu’à Tours, marquant l’identité du “Val de Loire blanc”. Le tuffeau se distingue d'autres calcaires régionaux par sa richesse en microfossiles et son aspect crayeux : un matériau qui porte la mémoire du passage entre mer et continent, entre vie aquatique et futur terroir viticole.